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Faut-il acquérir un bien immobilier à Maurice en nom propre ou via une société ? La question revient systématiquement chez les investisseurs étrangers, notamment ceux qui structurent déjà leur patrimoine via des sociétés dans leur pays de résidence fiscale.

En 2026, les deux voies existent, mais elles ne se valent pas selon l’objectif (résidence, locatif, transmission, protection, sortie). Voici un comparatif clair des avantages, de la fiscalité et des pièges à éviter.

1. Les deux options en résumé

Achat en nom propre
Le bien est acquis directement par une personne physique (éventuellement en indivision avec le conjoint). C’est la voie la plus simple et la plus courante pour les non-citoyens qui achètent dans un schéma EDB (PDS, Smart City, etc.) et souhaitent le permis de résidence mauricien lié au bien.

Achat via une société
Le bien est détenu par une société (souvent une société mauricienne). L’investisseur détient les parts. Cette voie est utilisée pour des logiques de structuration, de détention multiple, ou de préparation de transmission / sortie. Elle est plus complexe et n’ouvre pas automatiquement les mêmes droits de résidence.

2. Achat en nom propre : avantages et limites

Avantages

  • Simplicité : circuit d’acquisition plus direct dans les schémas EDB
  • Permis de résidence : l’achat d’un bien éligible (≥ 375 000 USD dans un schéma agréé) ouvre en principe le droit de résidence pour l’acheteur, le conjoint et les enfants à charge
  • Lecture fiscale plus simple côté Maurice (pas d’impôt sur les plus-values immobilières, pas d’impôt sur les successions à Maurice)
  • Coûts de structure réduits : pas de constitution ni de tenue annuelle de société liés au bien
  • Sortie plus simple : revente du bien en direct

Limites

  • Le bien entre dans le patrimoine personnel (aspect successoral à anticiper dans le pays de résidence fiscale)
  • Moins de souplesse pour intégrer des associés ou organiser une détention familiale complexe
  • En cas de revente, la sortie se fait sur le bien lui-même (et le permis de résidence y est lié)

Pour qui : la majorité des acheteurs qui veulent vivre à Maurice ou y avoir une résidence secondaire avec titre de séjour, sans structuration complexe.

3. Achat via une société : avantages et limites

Avantages potentiels

  • Structuration patrimoniale : détention via une enveloppe sociétaire (seul ou à plusieurs)
  • Souplesse de transmission des parts (selon le droit applicable et les statuts)
  • Séparation entre patrimoine personnel et actif immobilier (dans une certaine mesure)
  • Possibilité, dans certains montages, de préparer une sortie par cession de parts plutôt que par vente du bien

Limites et contraintes majeures

  • Résidence : l’achat via société n’ouvre pas automatiquement le même permis de résidence que l’achat en nom propre d’un bien ≥ 375 000 USD en schéma EDB. Le droit au séjour reste attaché, dans la logique classique, à l’acquisition personnelle dans un schéma éligible.
  • Complexité et coût : constitution, substance éventuelle, comptabilité, formalités annuelles, honoraires
  • Regard des banques et de l’EDB : traçabilité des fonds, beneficial owners, conformité KYC/AML renforcée
  • Fiscalité de la société : selon l’activité (location, etc.), des règles d’imposition des sociétés mauriciennes peuvent s’appliquer
  • Pays de résidence fiscale de l’investisseur : CFC rules, transparence, impôts sur les revenus de société étrangère — à analyser obligatoirement avec un fiscaliste du pays de résidence

Pour qui : investisseurs déjà structurés, projets multi-biens, logiques de holding ou de transmission, avec un accompagnement juridique et fiscal solide des deux côtés (Maurice + pays de résidence).

4. Fiscalité : ce qui change vraiment

Côté Maurice

  • Pas d’impôt sur les plus-values immobilières pour les personnes physiques dans le régime classique
  • Pas d’impôt sur les successions à Maurice
  • Les loyers perçus par une personne physique non-résidente ou résidente sont soumis aux règles de l’impôt mauricien sur les revenus (selon le statut fiscal exact)
  • Une société mauricienne est soumise à l’impôt sur les sociétés selon son activité et son statut (taux et règles à vérifier au cas par cas ; le régime des Global Business companies et autres statuts a ses propres contraintes)

Côté pays de résidence de l’investisseur

C’est souvent le point le plus important. Beaucoup de pays (France, etc.) :

  • Imposent les revenus fonciers étrangers
  • Ont des règles de transparence ou de CFC sur les sociétés étrangères
  • Traitent différemment la plus-value de cession de parts vs la plus-value immobilière
  • Appliquent des droits de succession selon leur propre droit

Règle d’or 2026 : ne jamais choisir la société pour des raisons « mauriciennes » uniquement. La décision doit être validée avec un conseil fiscal du pays où vous êtes (ou serez) résident fiscal.

5. Tableau comparatif synthétique

Critère

Nom propre

Société

Simplicité

Élevée

Faible à moyenne

Permis de résidence lié à l’achat

Oui (schéma EDB ≥ 375 kUSD)

Non automatique

Coûts de structure

Faibles

Plus élevés (création + annuel)

Transmission

Selon droit successoral personnel

Via parts (souple mais technique)

Fiscalité des loyers (MU)

Impôt personnes physiques

Impôt sociétés selon activité

Plus-value à la sortie (MU)

Pas d’impôt plus-value classique

Selon nature de la cession

Regard pays de résidence

Revenus fonciers étrangers

CFC / transparence / plus-value de parts

Profil type

Résidence + simplicité

Structuration / multi-investisseurs

6. Les pièges les plus fréquents en 2026

  1. Choisir la société pour « optimiser » sans analyse du pays de résidence
    Résultat fréquent : complexité accrue à Maurice + imposition lourde ou déclarative dans le pays de résidence.
  2. Croire que la société donne le même droit de résidence
    Le permis lié à l’achat d’un bien ≥ 375 000 USD dans un schéma agréé est conçu pour l’acquisition en nom propre (et la famille). La société ne le remplace pas.
  3. Sous-estimer les coûts et obligations annuelles
    Comptabilité, registered agent, substance éventuelle, déclarations : le coût récurrent peut grignoter la rentabilité d’un seul bien.
  4. Monter une société sans substance ni logique économique
    Les autorités (Maurice et pays de résidence) regardent de plus en plus la réalité économique des structures.
  5. Négliger la traçabilité des fonds et les beneficial owners
    Que l’achat soit en nom propre ou via société, KYC/AML et origine des fonds restent centraux.
  6. Oublier l’impact sur la stratégie de sortie
    Revendre un bien en nom propre ou céder des parts de société n’a pas les mêmes conséquences fiscales et pratiques selon les juridictions.

7. Quelle option choisir selon votre projet ?

Vous voulez vivre à Maurice (ou y avoir un titre de séjour lié au bien)

→ Nom propre dans un schéma EDB éligible. C’est la voie la plus directe et la plus cohérente.

Vous achetez un bien locatif sans besoin de résidence

→ Nom propre reste souvent le plus simple. La société ne se justifie que si une analyse fiscale croisée (Maurice + pays de résidence) le démontre clairement.

Vous structurez un patrimoine à plusieurs / vous préparez une transmission

→ La société peut avoir un intérêt, sous réserve d’un montage validé par des conseils des deux pays.

Vous hésitez ?

→ Partez du projet de vie et de résidence, pas de la structure. La structure suit l’objectif, rarement l’inverse.

8. Points de vigilance pratiques

  • Faire chiffrer le coût complet (droits d’enregistrement 10 % pour non-citoyens, notaire, change, éventuels frais de société).
  • Vérifier dès le départ si le bien visé est éligible en nom propre dans un schéma EDB.
  • Ne signer aucun document de structuration sans avis écrit d’un professionnel compétent à Maurice et dans votre pays de résidence fiscale.
  • Documenter l’origine des fonds, que vous achetiez en direct ou via société.

Foire aux questions

Peut-on obtenir le permis de résidence en achetant via une société ?
 

En principe non de la même manière qu’avec un achat en nom propre d’un bien ≥ 375 000 USD dans un schéma agréé. Le dispositif classique de résidence par acquisition est conçu pour l’achat personnel.
 

L’achat via société permet-il d’éviter les droits d’enregistrement ?

Non. Les droits et conditions d’acquisition s’apprécient selon la nature de la transaction et le statut de l’acquéreur. Une société ne « neutralise » pas automatiquement les règles applicables aux non-citoyens.
 

Y a-t-il un impôt sur les plus-values si je vends en nom propre ?

À Maurice, il n’y a pas d’impôt sur les plus-values immobilières dans le régime classique. En revanche, votre pays de résidence fiscale peut imposer la plus-value.


La société mauricienne est-elle imposable sur les loyers ?

Oui, selon son activité et son statut. Les règles d’impôt sur les sociétés s’appliquent. Une analyse au cas par cas est indispensable.


Que choisissent la plupart des acheteurs étrangers ?

La grande majorité des acquéreurs qui veulent aussi le droit de résidence optent pour l’achat en nom propre dans un schéma EDB.

 

Vous hésitez entre nom propre et société pour votre acquisition à Maurice ?

Property Mauritius vous oriente sur le cadre d’acquisition et peut vous mettre en relation avec les conseils juridiques et fiscaux adaptés (Maurice + votre pays de résidence) afin de sécuriser la structure avant toute signature.

Contactez l’agence Property Mauritius à Pointe-aux-Canonniers pour un échange personnalisé et confidentiel.

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